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Le pardon après la colère

December 10, 2016

 

 

 

Combien de fois ai-je entendu qu'il fallait pardonner pour avancer... Ceci est une bien belle parole, un joli conseil, mais on fait comment pour pardonner ???

 

Mon expérience me fait dire que le pardon est un état d'être, et en aucun cas un état acquis sous le contrôle ou par un ordre mental de pardonner. Cela est une erreur de croire que le mental peut faire disparaître la rancoeur, la tristesse dûes à une trahison, à une spoliation, à une escroquerie, à un acte de violence, à un meurtre, à la disparition d'un être cher, par la simple volonté.

 

Il y a de toute évidence des étapes cruciales à respecter pour accéder au pardon, et c'est plus complexe et subtil que ce qu'on a voulu nous faire croire.

 

Comme tout ce qui est en bas est idem à ce qui est en haut, et tout ce qui est à l'intérieur comme à l'extérieur, je vais à nouveau parler des aspects humains et spirituels du pardon, et de ce qui se joue réellement dans ce processus.

 

Quand une personne vit une véritable injustice, et qu'elle n'est même pas reconnue en tant que victime ni dans sa souffrance, cela ne peut qu'amplifier la blessure, la tristesse, la colère et la rancoeur. Allez dire, à ce moment-là, qu'elle doit passer à autre chose, pardonner et aller de l'avant... Ce serait nier encore sa souffrance, ou la minimiser. Or il est primordial d'entendre cette peine, ce sentiment d'injustice, et d'écouter aussi l'envie de se venger et de faire souffrir l'autre, le coupable, le meurtrier, l'escroc, le menteur etc.

 

Il est aussi facile d'accuser les victimes de naïveté lorsqu'elles se sont "fait avoir" par quelqu'un, ce qui amplifie leur sentiment d'être nulles, et de développer à la fois de la honte et de la culpabilité. Toutes ces émotions et sentiments se mêlent, se rencontrent et finissent par s'amplifier intérieurement.

 

La colère et la tristesse sont étroitement liées chez les victimes, qui ne savent souvent plus les différencier, et finissent par se laisser happer par la colère et l'envie de vengeance ou de justice. En réalité c'est toujours la tristesse qui prime, mais la victime va souvent faire le choix, pour survivre, de prendre le parti de la colère, pour se battre, donnant ainsi un semblant de sens à ce qu'elle a vécu en quelque sorte. Si elle opte pour la tristesse, alors elle risque de s'effondrer et de ne pas pouvoir se relever de sitôt. 

 

De plus la colère donne alors un sentiment de puissance et de contrôle retrouvés à la victime, qui utilise cette émotion pour retrouver une dignité, l'envie de vivre avec un objectif précis : faire payer à l'autre, ou tout simplement pour être justement reconnue comme victime, ce qui est très important pour pouvoir aller vers l'étape suivante.

 

D'un point de vue religieux, il sera conseillé à cette victime en souffrance de pardonner, on lui rétorquera que tout le monde a droit au pardon. Cependant cette notion de pardon est à mon avis l'ultime étape et en aucun cas la première ni la seconde dans le long processus de guérison d'une blessure liée à une injustice, à un viol ou à une trahison.

 

Du point de vue spirituel on vous dira également que tout a été orchestré par les âmes, que tout est donc juste, parfait. Même si je suis tout à fait d'accord avec cela, je répète qu'il n'est pas possible d'accéder à l'état du pardon sans écouter, reconnaître, et prendre soin de la souffrance de la victime. L'aspect du soutien psychologique est primordial pour accéder aux étapes suivantes.

 

Il est donc important que l'entourage écoute, sans minimiser, les plaintes de la victime, même si elles peuvent être jugées parfois disproportionnées par rapport à la situation. Chaque victime vit les choses selon sa propre perception, et cela n'est pas forcément la même que celle d'autres personnes ayant vécu le même traumatisme.

 

Une victime voit l'événement créateur de sa souffrance, mais elle y ajoute ensuite une multitudes de questionnements, de pensées, d'observations, d'émotions, de déductions etc etc. Tout cela s'embrouille et s'amplifie car c'est ainsi que le mental fonctionne, car il a besoin d'une raison, d'une explication à ce qui est vécu comme une injustice.

 

Du point de vue religieux toujours, il est presque enseigné que la colère est mauvaise, qu'elle va vous ronger de l'intérieur et que ce n'est pas bien d'aller dans cet état, comme une invitation à faire semblant, à sourire alors que cela pleure à l'intérieur ou que cela bouillonne dans votre coeur. Je n'ai jamais lu la Bible en entier,  mais je me souviens cependant très bien du passage où Jésus, hors de lui, gonflé par la colère, va ruer dans les stands des marchands qui se sont installés dans un temple. La souffrance de l'homme Jésus est alors telle qu'il ne peut que rugir, agresser, tel un animal déchiré qui veut défendre les siens. Jésus voulait défendre sa vision de l'Amour régnant dans un lieu sacré, et il s'est senti souillé, ou plutôt il a senti l'énergie divine du lieu souillée. 

 

Rappelez-vous, sous la colère se tapit en réalité le chagrin...

 

Ainsi les hommes d'église ont déduit que la colère c'est mal, alors même qu'ils vénèrent et adorent un homme, leur Fils de Dieu, qui s'est lui-même mis dans une colère terrible ! Encore un paradoxe de la religion, et pourtant je me sens "terriblement christique" (je fais ici une différence sensible entre le christianisme inculqué par le mental des humains limités, et le christique généré par l'amour dans le coeur des humains).

Mais pourquoi la colère serait-elle condamnable ? Qui a décrété que les émotions sont néfastes ? Car je connais des colères qui permettent de mettre fin à une oppression, d'empêcher un abus supplémentaire...

 

Vivre et laisser vivre sa colère permet le chemin vers le pardon.

 

Bien sûr que cela ne fonctionnera pas si une personne se nourrit de sa colère et décide de s'y installer, ni si elle continue à se focaliser sur sa son sentiment d'injustice et continue à se percevoir comme une victime à vie. Mais à un moment donné, si elle ose enfin observer d'une manière plus large, elle pourra accueillir cette colère, générée je le rappelle par son chagrin face au sentiment d'injustice, et alors, alors oui, il lui sera possible de voir plus grand, plus loin, justement parce qu'elle se se autorisée à écouter enfin son chagrin. Alors il lui sera possible de réaliser les limites et l'ignorance de chaque intervenant dans le drame qui s'est joué. C'est ainsi que nous abordons le spirituel maintenant...

 

Cela fait longtemps que j'ai compris ce que Jésus voulait dire en disant "pardonnez-leurs, ils ne savent pas ce qu'ils font". Je me souviens que lors d'une expansion de conscience je m'étais retrouvée à le regarder, portant sa croix, avec les romains qui lui crachaient dessus, qui se moquaient de lui. Je me souviens alors de ma douleur profonde, insupportable, face à ce spectacle de pure cruauté gratuite. Et je "m'entends" leurs dire : "Mais vous ne savez pas ce que vous faites !!! C'est Jésus !". J'étais horrifiée et tordue de douleur, le coeur déchiré à la fois par cette injustice mais aussi par mon incompréhension : comment Jésus avait-il pu vouloir/cautionner cela ??? Il ne nous avait pas sauvés ; il nous avait abandonnés !

 

Je me souviens de ma colère qui se dirigea aussi contre lui à ce moment-là, alors même que la colère grandissait en moi contre ses tortionnaires. Et en même temps j'aimais si fort cet Avatar. Quelle confusion lorsque je suis revenue en état de conscience duelle, dans ma réalité terrestre du 20 ème siècle (eh oui, à l'époque c'était encore le 20ème...). Il m'a fallu bien des années pour accueillir cette ignorance dont j'étais dotée à cette époque-là (lors de la crucifixion) et dans ma vie présente (lors de cette expérience d'expansion de conscience). Mais je compris également que les romains étaient également dans l'ignorance pour la plupart, mais aussi, surtout, dans la peur. Peur de cet homme, peur de ses dons, de sa différence. Ignorants de la gravité de leurs actes, ignorants de la notion du respect et de l'amour de soi aussi.

 

En bien moindre mesure cela me rappela aussi combien de fois j'avais été rabaissée, moquée, lorsque je parlais de mes dons. Un long chemin de solitude a commencé très jeune, rejetée et agressée par l'ignorance et les peurs de certains, puis un chemin d'isolement pour me protéger. Alors forcément la tristesse et la colère se côtoyèrent régulièrement, jouant à se tapir puis à resurgir pour des petits riens, qui réveillaient ma blessure d'incompréhension et d'injustice. Pardonner ? J'en aurais été incapable, et surtout je ne le voulais pas. Je trouvais odieux que l'on me demande de pardonner car cela signifiait pour moi de ne pas écouter, de nier ma souffrance. Et c'est parce que je me suis respectée dans ce besoin de reconnaître, d'entendre ma blessure, que j'ai pu à un moment donné écouter, accueillir et intégrer une vision plus large des événements, à la fois ceux que j'avais vécus du temps de ma présence auprès du Maître Jésus, mais également lors de ma vie de jeune fille, puis femme des 20 et 21ème siècles.

 

Si j'ai pu traverser ce voile de colère et de tristesse, c'est parce que j'ai décidé la Vie et l'Amour, et pas de manière naïve ou "cui-cui les petits oiseaux" comme j'aime à le dire. Non, c'est parce que je sentais que ce n'était pas cela que je voulais vivre, que je ne voulais pas rester coincée dans ces émotions qui émanaient de mes croyances, de ma vision limitée de ma tête qui réclamait justice. Je voulais aller plus loin, avoir une vision plus large. J'écoutais la voix en moi qui me disait que cela n'était pas ma réalité, qu'il y avait autre chose de bien plus vaste, de bien plus beau que ce petit bout de vie sur lequel je me focalisais, et qui me rongeait et aspirait toutes mes énergies. Je voulais respirer à nouveau la nature et la vie, de tout mon Etre, plutôt que de survivre, être en suspension en quelque sorte.

 

C'est ainsi que j'ai réellement commencé à m'ouvrir à la spiritualité, à la compréhension du fonctionnement humain,  aux dissonances entre l'ego et le divin, l'ombre et la lumière, à la dualité, au point zéro etc. Et c'est ainsi que je peux à présent vous offrir en partage mes découvertes et connaissances. 

 

Si je n'avais pas vécu ce chemin ardu, je ne serais pas aussi riche d'expériences à partager, je n'aurais pas compris tant de choses que je peux partager avec vous, je ne pourrais pas m'aimer et aimer autant...

 

Je me suis autorisée à laisser vivre mon ego avec rage, tristesse, rancoeur, pour pouvoir lui permettre de se sentir entendu, reconnu, et s'apaiser. Alors et alors seulement mon ego a accepté que je transmute ses souffrances, car il a compris que j'étais là pour le libérer et non plus le juger ou le conditionner davantage.

 

Ensuite j'ai pu ouvrir plus grand ma perception de la vie, des autres, de qui je suis en réalité, du rôle que chacun joue dans ce vaste théâtre de la planète Terre. Et c'est alors que j'ai pu pardonner, dans l'Amour infini envers tous ceux qui m'ont tant fait souffrir dans de nombreuses vies et celle-ci,  mais qui ne savaient pas ce qu'ils faisaient en tant qu'être humain. Ma vision s'est élargie, mon coeur aussi.

 

J'ai alors compris pleinement l'Amour qui avait généré ces scenari, comment mon âme avait accepté que d'autres âmes me maltraitent afin que je puisse me rappeler Qui je Suis, afin que je puisse retrouver le chemin de mon Etreté, et apprendre à me respecter totalement, enfin. Et j'ai pu reconnaître que tout avait été parfait, que ces âmes aimantes avaient accepté de jouer un rôle infâme, afin qu'ensemble ou séparément nous puissions redevenir UN, nous unir sur les plans divins, nous retrouver telle une grande famille céleste. Et tant pis si certaines de ces personnes ne se rendront pas compte de tout cela dans cette incarnation ; elles ont aussi le droit de choisir le moment juste et la manière juste pour elles, cela ne m'appartient pas de leur donner une quelconque leçon.

 

En rayonnant mon pardon, en rayonnant la compassion, une petite graine a été semée dans leur coeur et un jour, ici ou ailleurs, maintenant ou dans une autre vie, elle germera pour laisser enfin la paix et l'Amour s'y épanouir.

 

En cette période de fêtes, voici ce que j'avais à partager avec vous, du fond de mon coeur, dans la Joie immense de cette compréhension qui m'a permis de pardonner à tous, dans tous les espace-temps.

 

Je vous souhaite de ressentir l'énergie qui émane de ce post, car elle est là pour vous envelopper, pour vous dire que votre souffrance est entendue, reconnue, et que vous pouvez à présent vous pardonner aussi pour tout ce que vous n'avez pas su faire ou dire, afin que 2017 soit un nouveau paradigme et non plus un énième copié-collé de vos vies et expériences passées.

 

Pardonnez-vous vos erreurs, vos manques, vos fragilités et faiblesses, et même vos lâchetés.

 

Pardonnez-vous de vous être si peu aimés, écoutés, reconnus dans votre divinité. Et faites-vous la promesse de ne plus vous accuser ni vous juger. Le miracle opérera de lui-même, par la manifestation du pardon en votre coeur. 

 

 

 

Dans la Joie et la Lumière,

 

Sylvie 

 

 

Ce texte peut être partagé mais en aucun cas modifié, et l'auteur doit être précisé.

 

 

 

 

 

 

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